Surdités
Même à faible niveau, le bruit nuit
Le bruit devient gênant, voire dangereux, au-delà d’une certaine limite. Plus l'intensité du bruit et la durée d’exposition augmentent, plus le risque de surdité augmente. Une fois installée, la surdité est un phénomène irréversible. Mais, même à des niveaux plus faibles, le bruit peut avoir des conséquences sur la santé (fatigue, stress, troubles de l'attention…) et être à l'origine d’accidents.
On considère que l’ouïe est en danger à partir d’un niveau de bruit de 80 décibels durant une journée de travail de 8 h. Si le niveau de bruit est supérieur, l’exposition doit être moins longue. Si le niveau est extrêmement élevé (supérieur à 140 décibels), toute exposition, même de très courte durée, est dangereuse. Le seuil de douleur est de 120 décibels.
En-dessous de 80 décibels
Une exposition prolongée au bruit peut provoquer fatigue, stress, anxiété, troubles de l’attention, troubles du sommeil, troubles cardiovasculaires, hypertension… Il peut également perturber la communication, gêner la concentration, détourner l’attention… et conduire à des accidents du travail.
Au-dessus de 80 décibels
Au-delà de ce niveau, le bruit peut provoquer des bourdonnements, des sifflements d’oreille ainsi qu’une baisse temporaire de l’audition. Toutefois, cette « fatigue auditive » peut disparaître en quelques jours à condition de ne pas être exposé au bruit durant cette période.
Ces troubles peuvent être annonciateurs d’un début de surdité. Si l’exposition à ce niveau de bruit se poursuit, le risque est la perte irréversible de l’audition. Cette perte ne peut être que partiellement corrigée par un appareillage (prothèses auditives).
Stades de la surdité
- Surdité légère : la personne ne se rend pas compte de sa perte auditive car les fréquences de la parole sont peu touchées.
- Surdité moyenne : les fréquences aiguës de la conversation sont touchées, la personne devient « dure d'oreille » et ne comprend plus distinctement ce qui se dit.
- Surdité profonde et irréversible : La personne n’entend plus, ou très peu, ce qui se dit.
Un bruit soudain très intense, par exemple lors d’une explosion, peut entraîner une surdité brutale, totale ou partielle, réversible ou non. Seule la surveillance de l’audition par le médecin du travail permet de détecter la sensibilité d’une personne au bruit et de faire des bilans des pertes auditives.
Que faire si le bruit devient gênant lors du travail ?
- Signaler le problème à l’employeur, aux membres du CHSCT ou aux délégués du personnel, afin qu’ils mettent en œuvre les mesures de prévention nécessaires.
- En parler au médecin du travail. En cas de risque pour l’audition, il proposera un examen audiométrique afin de dresser le bilan des dommages éventuels.
- Porter une protection individuelle contre le bruit (casque antibruit, bouchons d’oreilles…) avant d’entrer dans un lieu bruyant ou pendant toute la durée d’exposition au bruit.
Le saviez-vous ?
L’exposition à certains agents dits ototoxiques peut amplifier les troubles liés à une exposition au bruit. En effet, si le bruit est le facteur professionnel le plus nocif pour l’audition, certains médicaments (comme certains antibiotiques ou diurétiques…), produits chimiques (comme les solvants aromatiques…) ou infections (Streptococcus suis…) peuvent rendre l’oreille plus vulnérable aux agressions sonores.
Reconnaissance d’une surdité comme maladie professionnelle
La surdité peut être reconnue comme maladie professionnelle selon des critères médicaux, professionnels et administratifs figurant dans les tableaux 42 (régime général) et 46 (régime agricole).
Mis en ligne le 19 septembre 2011

