Risques liés aux nanomatériaux dans les laboratoires
L’INRS publie le premier guide de prévention en collaboration avec le CNRS
Mis en ligne le 14 février 2012
Aider les responsables et les personnels des laboratoires de recherche et de contrôle à prévenir efficacement les risques liés aux nanomatériaux. Tel est l’objectif du nouveau guide « Nanomatériaux. Prévention des risques dans les laboratoires » (ED 6115) publié par en collaboration avec le CNRS (Centre national de la recherche scientifique). Les explications de Myriam Ricaud, ingénieur chimiste à l’INRS et coordinatrice de la brochure.
L’INRS publie le premier guide de prévention des risques liés aux nanomatériaux à destination des laboratoires. Quels sont les objectifs de cette nouvelle publication ?
Myriam Ricaud : Il s’agit en premier lieu de répondre à une forte demande ! L’INRS reçoit de nombreuses sollicitations provenant de laboratoires qui manipulent des nanomatériaux. Ce guide est le premier du genre, il n’en existe pas d’équivalent, à ma connaissance, en France ou à l’étranger. Les nanomatériaux trouvent des applications dans des secteurs aussi divers que la santé, l’automobile, la production d’énergie ou encore l’agroalimentaire. Les enjeux scientifiques, économiques et politiques sont considérables. Aujourd’hui, beaucoup de laboratoires de recherche - publics ou privés - fabriquent ou utilisent des nanomatériaux. Tous sont confrontés à la même question : comment protéger efficacement les travailleurs contre les risques liés aux nanomatériaux ? Ce nouveau guide leur apporte des réponses pratiques et des conseils de prévention.
Quels types d’information le guide propose-t-il ?
M.R. Le guide présente tout d’abord un état des lieux des connaissances actuelles sur les dangers liés aux nanomatériaux : les effets sur la santé mais également les aspects incendie et explosion. Il propose également des éléments méthodologiques pour caractériser les expositions et évaluer les risques. Il dresse enfin un inventaire des bonnes pratiques de prévention, depuis la conception et l’aménagement des locaux jusqu’au choix des équipements de protection en passant par le traitement des déchets, la maintenance et le démantèlement des installations, le nettoyage des locaux... La ventilation et la filtration de l’air, qui constituent les principaux moyens de prévention, font bien sûr l’objet de développements importants. Le guide intéressera donc aussi bien les préventeurs que les responsables et les personnels des laboratoires qui fabriquent, utilisent ou caractérisent des nanomatériaux.
Comment le guide a-t-il été élaboré ?
M.R. Ce guide est le fruit d’un travail mené en partenariat avec le CNRS et 6 CARSAT/CRAM (Alsace-Moselle, Aquitaine, Centre, Île-de-France, Pays-de-la-Loire et Nord-Picardie). Il s’appuie sur une étude de terrain qui a permis d’identifier certaines bonnes pratiques de prévention mais surtout d’élaborer des recommandations adaptées à la réalité des pratiques professionnelles des personnels des laboratoires. Nous avons également pu compter sur l’expertise développée par les équipes de l’INRS, notamment en matière de ventilation et de filtration. Il est amusant de noter que l’Institut sera par ailleurs l’un des premiers bénéficiaires du travail réalisé. Un laboratoire de 700 m2 dédié aux recherches sur les nanomatériaux est en effet en cours de construction sur le site de l’INRS à Vandoeuvre. Ce chantier sera une belle occasion de mettre en application les préconisations décrites dans le guide.

