Nanomatériaux, nanoparticules

La prévention face à l’incertitude

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En laboratoire, des nanomatériaux sous forme liquide

Les nanotechnologies sont en pleine expansion. La dimension nanométrique (entre 1 et 100 nanomètres) confère à la matière de nouvelles propriétés, riches de multiples applications. Mais ces propriétés peuvent engendrer de nouveaux risques pour la santé et la sécurité des salariés. C’est pourquoi l’INRS conduit un important programme de recherche, d’information et de formation pour identifier et prévenir les risques professionnels liés aux nanomatériaux.

La prévention des risques liés aux nanomatériaux figure parmi les priorités de l’INRS depuis 2003. Les actions de l’INRS visent à développer des connaissances et à les diffuser vers le monde du travail. Elles s’articulent autour de 3 objectifs :

  • évaluer les effets sur la santé au travers d’études toxicologiques et épidémiologiques,
  • caractériser les expositions professionnelles,
  • prévenir les risques professionnels.

Évaluation des effets sur la santé

En menant des recherches sur la toxicité des nanomatériaux, l’INRS contribue à apporter des réponses concernant :

  • les caractéristiques significatives des nanomatériaux (taille, forme, surface…) en lien avec leur éventuelle toxicité,
  • leur migration dans les cellules ou l’organisme,
  • les effets pulmonaires et le potentiel cancérogène,
  • l’adaptation des méthodes d’essais aux spécificités des nanomatériaux.

Une partie de ces travaux s’intègre dans le projet européen Nanogenotox, dont l’objectif est d’établir une méthode appropriée pour évaluer la génotoxicité des nanomatériaux.

L’INRS envisage également de conduire des études épidémiologiques sur les effets à court terme sur la santé d’une exposition professionnelle aux nanomatériaux.

Caractérisation de l’exposition professionnelle

L’INRS réalise des enquêtes auprès des entreprises, pour identifier les usages des nanomatériaux, les quantités manipulées, les secteurs d’activités concernés et le nombre de salariés exposés. Les résultats de 2 enquêtes ont été publiés : opérations de fabrication en 2007 et secteurs potentiellement utilisateurs en 2011.

Par ailleurs, l’INRS consacre depuis près de 10 ans des études pour mesurer et caractériser les nanoaérosols auxquels sont exposés les salariés, dont les thèmes sont :

  • Évaluation des performances des instruments disponibles et élaboration de stratégies de mesure des expositions. Pour atteindre cet objectif, l’INRS a conçu un banc d’essai pour la génération des nanoparticules et participe au projet européen Nanodevice.  
  • Études de postes et mesures des expositions pour documenter les expositions en milieu industriel ou dans les laboratoires de recherche.

Prévention des risques

Des recommandations ont été élaborées par l’INRS permettant une prise en compte et une prévention des risques liés aux nanoparticules.

Pour les nanoparticules au-dessus de 1 nanomètre, l’INRS a montré l’efficacité des systèmes de filtration utilisés pour la protection collective ou individuelle. Toutefois, des questions subsistent et les études se poursuivent sur :

  • la performance des appareils de protection respiratoire (efficacité de filtration, influence des fuites sur le facteur de protection…),
  • l’efficacité de dispositifs de protection collective (sorbonnes, poste de sécurité pour particules nanostructurées ou PSPN…),
  • les phénomènes de dépôts et d’agglomération des nanoparticules dans les conduits ou les locaux, afin de pouvoir les prendre en compte lors de la conception des installations.

L’INRS étudie également la perception et les pratiques de gestion des risques en entreprises face à des risques incertains. Signalons enfin la participation de l’INRS aux travaux de normalisation concernant les aspects santé et sécurité du travail liés aux nanomatériaux.

Transfert de connaissances

Dès 2007, l’INRS a publié un avis d’experts sur les nanoparticules. Il s’agissait de la première publication française proposant un état des connaissances sur les risques induits par les nanoparticules. Au fur et à mesure de la disponibilité de nouveaux résultats, l’INRS les diffuse vers le monde du travail (recommandations, bonnes pratiques…).

Une formation sur les risques des nanomatériaux existe depuis 2009. Le public visé comprend les chercheurs, les agents des CARSAT et CRAM, les médecins du travail, les chargés de prévention…

Enfin, en 2011, l’INRS a organisé, en partenariat avec le réseau européen PEROSH (Partnership for European research in occupational safety and health) une conférence scientifique internationale sur les nanomatériaux.

Dans les prochaines années

De nombreuses interrogations subsistent sur les nanomatériaux : effets sur la santé, mesure des expositions, populations exposées, efficacité des équipements de protection…

L’INRS poursuit ses actions afin de proposer des recommandations dès que de nouvelles connaissances sont validées. La relative complexité du sujet et sa pluridisciplinarité renforcent la nécessité pour l’Institut d’échanger et de collaborer avec d’autres organismes, en France et à l’étranger.

L’INRS se dote également de nouveaux équipements ou moyens, avec la construction d’un nouveau laboratoire qui regroupera différentes disciplines (toxicologie, métrologie, moyens de protection) et permettra notamment des études de toxicologie par inhalation de nanoparticules sur l’animal.

Mis en ligne le 19 avril 2012

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