Évaluer les risques biologiques
Bien identifier les dangers pour mieux les éliminer
Évaluer les risques nécessite d’analyser précisément et en détail l’ensemble des activités et des tâches réalisées dans l’entreprise. C’est une démarche en 3 étapes : repérer les dangers liés aux différentes activités, bien décrire les risques (c’est-à-dire les modes d’exposition) et enfin, identifier les risques les plus importants afin de définir les mesures de prévention prioritaires.
L’évaluation des risques est une démarche en 3 étapes principales qui consistent à :
- Identifier les dangers liés aux différentes activités,
- Décrire les risques,
- Identifier les risques les plus importants pour définir les mesures de prévention prioritaires.
Repérer les dangers !
L’objectif de cette étape est d’identifier le réservoir (la source d’infection) pour chacune des activités de l’entreprise.
Exemples : eau du circuit de refroidissement d’une tour aéroréfrigérante contaminée par des légionelles (l’eau constitue donc le réservoir), urine de rat contaminée par des leptospires (le rat est le réservoir)…
Pour identifier les dangers liés aux différentes activités, il faut s’appuyer sur :
- La « conscience collective » du risque : certaines activités présentent à l’évidence plus de risques que d’autres (l’activité d’équarrissage, le travail dans les égouts…) et imposent une surveillance accrue ;
- Le repérage des activités à risques désignées dans les tableaux de maladies professionnelles,
- Les données publiées dans les revues professionnelles sur les agents biologiques ou les maladies les plus fréquentes dans un type d’activité donné.
Certaines données complémentaires (statistiques épidémiologiques, particularités régionales…) peuvent être utiles pour l’identification précise du réservoir. Ainsi, même si cette étape ne nécessite pas de connaissances médicales particulières, il est important de constituer une équipe d’évaluation pluridisciplinaire comprenant notamment un médecin du travail.
Décrire les risques
Identifier les risques ne suffit pas : il faut ensuite les décrire précisément. L’objectif de cette étape est de repérer les situations d’exposition potentielle à un risque biologique (postes de travail, gestes professionnels…).
Pour cela, il est nécessaire de visiter les postes de travail afin d’analyser les conditions d’exposition possibles à des agents biologiques (les 5 maillons de la chaîne de transmission, en fonction des différentes situations de travail (voir la démarche proposée ci-dessous).
Pour qu’il y ait exposition, il faut que les agents biologiques puissent sortir du réservoir ou que le travailleur puisse avoir accès à ce réservoir. Par exemple, un patient atteint d’une tuberculose pulmonaire qui tousse et crache peut contaminer tout son entourage, les autres malades et les soignants qu’il côtoie. Mais, s’il s’agit d’une tuberculose osseuse, seuls les soignants qui vont intervenir directement sur le foyer infectieux (chirurgie…) vont être exposés à un risque de contamination.
En milieu professionnel, la contamination peut se faire par voie aérienne (inhalation de poussières ou de gouttelettes contaminées), par pénétration ou contact via la peau et les muqueuses, par inoculation accidentelle (microblessure, piqûre, coupure…) ou par voie digestive (en portant les mains ou un objet contaminé à la bouche).
Plus la durée et/ou la fréquence de l’exposition à un réservoir d’agents biologiques augmentent, plus le risque d’être contaminé augmente. Cependant, pour toutes les maladies infectieuses ou parasitaires, une brève exposition suffit pour être contaminé. Par exemple, une seule intervention dans un élevage caprin peut suffire pour qu’un électricien attrape une fièvre Q. La présence des agents biologiques dans l’environnement de travail est aléatoire et variable dans le temps. De plus, pour une même activité, le risque d’exposition à certains agents biologiques peut varier selon les zones géographiques, les saisons… |
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Métrologie des agents biologiques
La mesure (ou métrologie) des agents biologiques ou des toxines dans l’air, dans les fluides ou sur les surfaces n’est pas une étape nécessaire pour évaluer les risques infectieux. Mais elle peut s’avérer utile pour évaluer le degré d’exposition à des toxines ou à des allergènes liés à la présence d’agents biologiques…
Prioriser les risques
Une fois les situations de travail à risques identifiées, il faut évaluer la gravité des dommages potentiels et estimer leur probabilité d’apparition. Cela permet d’identifier les risques les plus importants et de définir les mesures de prévention prioritaires.
Exemples :
Le risque d’accident lié à une exposition au sang semble être plus important pour une infirmière de réanimation travaillant à l’hôpital que pour une infirmière exerçant dans un service de santé au travail. De même, le risque d’exposition à la leptospirose (transmise par les rongeurs) est beaucoup plus important pour un égoutier qui descend régulièrement dans les égouts (lieu habituel de vie de multiples rongeurs) que pour le gardien d’un immeuble qui sort les poubelles (même si elles sont parfois visitées par des rats).
Mis en ligne le 19 septembre 2011

