Contrôle des expositions aux produits chimiques
Respecter les méthodologies de mesure et renouveler régulièrement
Quelle est la concentration de ce polluant dans l’atmosphère ? Ce produit chimique peut-il pénétrer dans l’organisme des salariés ? Les modes opératoires permettent-ils de respecter les valeurs limites d’exposition ? La prévention des risques chimiques implique de pouvoir mesurer les niveaux d’exposition sur les lieux de travail. Contrôle d’atmosphère, biométrologie, mesure directe en temps réel… plusieurs possibilités existent.
Le contrôle de l’exposition des salariés aux agents chimiques est destiné à :
- évaluer le niveau réel des expositions auxquelles ceux-ci sont soumis,
- déterminer si ce niveau respecte ou non les limites fixées par la réglementation.
Il doit être effectué régulièrement, et notamment à la suite de tout changement susceptible de modifier l’exposition des travailleurs à un risque chimique.
Les contrôles d’exposition peuvent se faire par des mesures atmosphériques (qui ne prennent en compte que l’exposition par voie respiratoire) ou par de la biométrologie (qui prend en compte toutes les voies d’expositions). Dans tous les cas, les salariés doivent être informés des objectifs et des modalités de ces contrôles.
Une réglementation renforcée
À la fin de l’année 2009, la réglementation sur les contrôles d’exposition a été renforcée. Désormais, pour tous les agents chimiques possédant une valeur limite d’exposition réglementaire, ces contrôles doivent être effectués par des organismes accrédités indépendants des entreprises dans lesquelles ces contrôles sont effectués. Les conditions dans lesquelles ces contrôles doivent être réalisés sont précisées.
Les résultats des contrôles atmosphériques doivent être enregistrés par le laboratoire accrédité dans une base de données nationale (base SCOLA) qui permettra leur exploitation statistique par les pouvoirs publics.
Contrôles d’exposition atmosphérique
La principale difficulté à résoudre, pour la réalisation de contrôles d’exposition fiables, concerne les fluctuations de ces expositions d’une journée à l’autre, qui sont généralement importantes. Pour s’affranchir de ces fluctuations, il est nécessaire de réaliser plusieurs mesures sur des journées différentes et d’avoir recours à une analyse statistique.
Pour cela, il est nécessaire de mettre en place une stratégie de prélèvement définissant l’ensemble des moyens à mettre en œuvre pour le contrôle d’exposition. Celle-ci s’appuiera chaque fois que cela sera possible sur des mesures individuelles et sur des groupes d’exposition homogène (GEH) : il s’agit de groupes de salariés réalisant les mêmes taches et que l’on peut considérer comme exposés d’une façon identique. La sélection de quelques individus par GEH permet de limiter le nombre de mesures à effectuer.
Les mesures de la concentration des agents chimiques destinées aux contrôles d’exposition s’effectuent généralement d’une manière indirecte, c'est-à-dire en piégeant celui-ci sur un support adapté, et en effectuant une analyse différée en laboratoire. Dans certains cas cependant, des mesures directes sont possibles à l’aide de moyens de détection en temps réel (détecteurs électroniques de gaz par exemple).
MétroPol, base de données sur la métrologie des polluants
MétroPol est un recueil de méthodes de prélèvement et d'analyse de l'air pour l'évaluation de l'exposition professionnelle aux agents chimiques. Ces méthodes ont été élaborées par les laboratoires interrégionaux de chimie des CARSAT et par l'INRS.
Cette base comprend environ 90 méthodes de mesures spécifiques à une substance ou à une famille chimique. Ces « fiches substances » sont complétées par des « fiches méthodologiques » qui font le point sur des aspects plus généraux des méthodes utilisées en prélèvement et analyse (échantillonnage, calcul d'incertitude…).
Surveillance biologique
La biométrologie permet de savoir si le ou les polluants présents dans l’atmosphère de travail ont pénétré dans le corps (par les voies respiratoires, la bouche ou la peau) et de mesurer quelle quantité a pénétré. Il s’agit généralement d’analyses d’urine ou d’analyses de sang. Cette modalité de surveillance est particulièrement adaptée aux polluants volatils ou à effet cumulatif, et permet de prendre en compte l’ensemble des voies de contamination. Elle n’est toutefois pas encore possible pour tous les produits chimiques.
Prélèvements de surface
Le recours à des prélèvements surfaciques est nettement moins courant car il n'existe pas de valeurs de références pour les pollutions de surface en hygiène du travail. Les prélèvements de surface présentent néanmoins l’intérêt de mettre en évidence le cas échéant la présence de polluants dans des endroits inhabituels (plomb dans des vestiaires ou sur des tables de réfectoires). Ils permettent également de mettre en évidence le passage de polluants à travers des gants.
Mis en ligne le 19 septembre 2011
