Dangers associés aux produits chimiques
Des effets immédiats ou différés
Les produits chimiques présentent des dangers pour les personnes, les installations ou l'environnement : intoxications aiguës, asphyxie, incendie, explosion, pollution… Ils peuvent aussi provoquer des effets plus insidieux, après des années d’exposition du travailleur à de faibles doses, voire plusieurs années après la fin de l’exposition. Ces dangers immédiats et différés doivent être pris en compte dans le cadre d’une même démarche de prévention des risques chimiques.
Effets sur la santé
La gravité des effets des produits chimiques sur la santé dépend de plusieurs paramètres :
- caractéristiques du produit chimique concerné (toxicité, nature physique…)
- voies de pénétration dans l’organisme (par voie respiratoire, cutanée ou digestive)
- niveaux d’exposition (fréquence, durée…)
- état de santé de la personne exposée (physiologie, prise de médicaments, consommation d’alcool ou de tabac, expositions environnementales…).
Ces effets peuvent apparaître :
- en cas d’exposition à un produit chimique sur une brève durée (intoxication aiguë) : brûlure, irritation de la peau, démangeaison, convulsion, ébriété, perte de connaissance, coma, arrêt respiratoire…
- après des contacts répétés avec des produits chimiques, même à faibles doses, (intoxication chronique) : eczéma ou troubles de la fertilité, silicose, mésothéliome...
Environ 30 % des maladies professionnelles reconnues en Europe seraient d’origine chimique. En France, les principales maladies professionnelles déclarées, associées à des agents chimiques, sont les pathologies liées à l’amiante, à l’inhalation de poussières de silice, de poussières de bois ou au contact avec les ciments.
Ces maladies peuvent apparaître plusieurs mois ou plusieurs années après l’exposition. Dans le cas des cancers professionnels, ils peuvent apparaître 10, 20, voire 40 ans après l’exposition.
| Organes touchés | Pathologies | Produits ou familles de produits en cause |
|---|---|---|
| Peau et muqueuses | Irritations, ulcérations, eczémas… | Solvants, acides et bases, ciment, résines époxydiques, huiles, graisses, goudrons… |
| Cancers | Arsenic, goudrons, huiles minérales, brais | |
| Appareil respiratoire | Asthme, pneumopathie d’hypersensibilité, hyperréactivité bronchique non spécifique, pneumoconioses… | Silice, amiante, bois, farine, isocyanates organiques, métaux, bagasse, coton, acides, bases, certains solvants, brouillards d’huile… |
| Cancers | Amiante, fibres minérales (fibres céramiques réfractaires), poussières de bois, silice, nickel, chrome, arsenic, goudrons… | |
| Système nerveux | Polynévrites, tremblements, troubles psychiatriques, syndrome parkinsonien… | Solvants organiques, plomb, mercure, bromure de méthyle, oxyde de carbone, oxyde de manganèse… |
| Tumeurs cérébrales (glioblastome) | Nitrosamines | |
| Reins, vessie, foie | Néphrites, hépatites… | Tétrachlorure de carbone, plomb, mercure, cadmium, hydrogène arsénié, chlorure de vinyle, amines aromatiques… |
| Cancers | Nitrosamines, amines aromatiques, colorants, hydrocarbures polycycliques aromatiques (HPA), chlorure de vinyle, arsenic, dioxines… | |
| Sang | Anémies, leucopénies | Plomb, benzène |
| Leucémies | Benzène, oxyde d’éthylène, pesticides | |
| Cœur et appareil circulatoire | Angines de poitrine, infarctus | Dérivés nitrés du phénol, plomb, oxyde de carbone, pesticides, organophosphorés… |
| Troubles du rythme cardiaque | Hydrocarbures halogénés (fréons, halons), oxyde de carbone |
Si les réactions à certains produits chimiques apparaissent au-delà d’un seuil d’exposition (hépatite, atteintes rénales ou convulsions, par exemple), d’autres produits n’ont pas de seuil d’action : on considère alors toute exposition comme potentiellement dangereuse (benzène et leucémie, plomb et anomalie du développement neuro-psychique…).
Pas de vie sans oxygène : l’asphyxie, un risque non négligeable dans les espaces confinés
Les gaz utilisés ou générés par certains procédés de travail peuvent appauvrir l’air. Quand la teneur en oxygène dans l’air, habituellement de 21 %, descend en dessous de 15 %, il y a risque d’asphyxie. La sous-oxygénation entraîne une diminution des capacités physiques et mentales, sans que la victime en ait conscience. À 10 % d’oxygène dans l’air, la victime s’évanouit. Au-dessous de 10 %, elle meurt en quelques minutes, sauf réanimation immédiate.
Cette situation peut être liée à une accumulation de gaz inertes (azote, argon, hélium…) dans des espaces clos ou semi-clos mal ventilés (puits, cuves, silos, réacteurs dans l’industrie chimique…).
Risques d’incendie et d’explosion
Les produits chimiques peuvent jouer un rôle dans le déclenchement d’un incendie par leur présence dans l’air ambiant ou en cas de mélange avec d’autres produits. Ils peuvent également aggraver l’ampleur d’un incendie.
De nombreuses substances peuvent également, dans certaines conditions, provoquer des explosions. Ce sont pour la plupart des gaz et des vapeurs, mais aussi des poussières inflammables et des composés particulièrement instables.
Réactions chimiques dangereuses
Enfin, le mélange d’agents chimiques incompatibles, l’échauffement de produits, la dégradation thermique, les frottements ou encore les chocs peuvent provoquer des émissions massives de vapeurs toxiques, des phénomènes exothermiques se traduisant par une déflagration, une détonation, des projections de matières ou une inflammation…
Mis en ligne le 01 décembre 2011

