Réduire les risques liés aux champs électromagnétiques
Si possible, réduire à la source
Lorsque l’exposition aux champs électromagnétiques dépasse les valeurs déclenchant l’action, différentes actions préventives doivent être mises en œuvre : réduction de l’intensité des champs à la source, mesures de protection collective, réduction de l’exposition par éloignement du travailleur, protection individuelle, zonage des espaces de travail, prévention des effets indirects… Les salariés doivent être informés des situations d’exposition à leur poste de travail.
Quand l’exposition au poste de travail est inférieure aux valeurs déclenchant l’action (VDA), il faut assurer une maintenance rigoureuse des installations (capots, écrans de blindage, vis de fermeture, raccordement à la terre…). Il faut vérifier l’intensité du champ à chaque modification du poste de travail (équipement, procédure, processus…) et après chaque opération de maintenance susceptible d’influencer l’exposition.
En cas de dépassement des VDA, il est préconisé de réduire l’intensité des champs en modifiant les installations ou en mettant en place différentes mesures de prévention, techniques et organisationnelles.
Réduction à la source
Pour réduire l’intensité des champs électromagnétiques à la source, il est possible de :
- modifier les équipements en accord avec leurs concepteurs (blindage intégré),
- diminuer la puissance de l’émission,
- isoler une zone de travail (blindage d’un local).
Les équipements doivent être maintenus en bon état (nettoyage des joints, changement des portes et capots, vérification de leur efficacité…).
Réduction de l’exposition par éloignement
Les champs électromagnétiques décroissent rapidement avec la distance : l’éloignement de l’opérateur par rapport à la source, lorsqu’il est possible, est une protection simple et efficace.
Durée d’exposition
Pour les fréquences inférieures à 100 kHz, aucun effet cumulatif n’est connu à ce jour pour les expositions qui respectent les seuils des effets de stimulation électrique et d’échauffement des tissus. Par conséquent, la réduction de la durée d’exposition n’est pas une solution de prévention tant que les valeurs limites sont respectées.
Environnement de travail
Afin d’éviter la circulation de courants induits dans les objets conducteurs (métalliques), il est préférable d’équiper les ateliers en tables, tabourets, armoires, surfaces de travail fabriqués en matériaux non-conducteurs. Pour cette même raison, il faut éviter de porter des boucles métalliques (bague, bracelet, boucles d’oreille, boucle de ceinture, monture de lunettes).
Protection individuelle
Quand tous les moyens de protection collective ont été recherchés, il est possible, en dernier recours, d’utiliser des vêtements de protection dont il faut, au préalable, valider les capacités d’atténuation des champs. Ces vêtements ne protègent pas contre les champs magnétiques basse fréquence. En revanche, ils sont utiles pour les interventions à proximité de sources haute fréquence quand l’émission ne peut pas être interrompue.
Zonage des espaces de travail
Des zones sont définies autour des sources de champs électromagnétiques pour tenir compte du niveau d’exposition auquel le personnel pourrait être soumis. Ce zonage ne vaut que dans le cas général et ne tient pas compte des travailleurs à risque particulier (porteurs d’implants…). Ces situations devront être traitées au cas par cas.
Actuellement, il n’existe pas de codification formelle des zones (couleurs, panneaux de balisage spécifiques). Toutefois, les recommandations sont les suivantes :
- zone 0 : rien,
- zone 1 : signalétique,
- zone 2 : signalétique, accès condamnable et panneau d’interdiction d’accès.
L’affichage est réalisé aux points d’accès aux locaux, aux machines et/ou aux sources émettrices.
Zone 0
Aucun zonage n’est nécessaire pour les environnements de travail :
- respectant les niveaux publics de la recommandation européenne 1999/519/CE,
- ne comprenant que des équipements listés dans les « environnements de travail réputés donner lieu à une exposition acceptable a priori » (classification des sources d’exposition aux champs électromagnétiques).
Zone 1
Les environnements de travail de catégorie I, II ou III pour lesquels il est possible de respecter les niveaux de la directive 2004/40/CE (VDA ou valeurs limites d’exposition) doivent être classés et délimités en zone 1. Les mesures techniques résultant de l’évaluation des risques doivent y être prises et surveillées. De plus, les mesures concernant les travailleurs à risques particuliers doivent être mises en œuvre.
Zone 2
Les environnements de travail pour lesquels il ne serait pas possible de réduire en permanence l’exposition au-dessous des VLE doivent être classés en zone 2. L’accès à une telle zone doit être interdit, sauf autorisation particulière associée à des conditions d’intervention définies par le chef d’établissement (personnel qualifié autorisé, réduction du niveau d’émission à la source, coupure de l’émission…).
Prévention des effets indirects
En cas d’atmosphère explosive, il faut rechercher tous les cas qui pourraient aboutir à la formation d’un arc électrique entre des structures métalliques (fixes ou mobiles) placées dans un champ électromagnétique.
En cas de champ magnétique statique supérieur à 3 mT, il faut interdire l’utilisation d’objets ferromagnétiques (outils, bijoux…).
Si un salarié exposé porte un implant, le médecin du travail doit procéder à une étude au cas par cas en coordination avec le praticien qui a réalisé l’implantation : situation de travail, caractéristiques techniques de l’implant, conditions de l’implantation…
Information des salariés
Dans tous les cas, les salariés doivent être informés des situations d’exposition aux postes de travail.
De plus, il est nécessaire d’apposer des pictogrammes d’avertissement près des postes de travail à risque, afin d’avertir de la présence de champs.
| | Pour avertir de la présence de champs électromagnétiques, généralement radiofréquences (par exemple sur les stations de base de téléphonie mobile). |
| Pour avertir de la présence d’un champ magnétique statique ou non (par exemple sur les électrolyseurs). | |
| | Pour interdire aux porteurs d’implants actifs (quels qu’ils soient) l’accès à des lieux de travail où sont utilisés des champs électromagnétiques (par exemple, les machines de soudage par point et les presses haute fréquence). Pictogramme selon la norme NF EN 12198. |
Surveillance médicale
Le suivi médical s’appuie sur la directive européenne 2004/40/CE concernant les prescriptions minimales de sécurité et de santé relatives à l’exposition des travailleurs aux champs électromagnétiques.
Actuellement, la réglementation ne définit aucune contre-indication médicale au travail exposant à des champs électromagnétiques. Pourtant, dans un certain nombre de cas, le médecin du travail devra prononcer un avis pour des salariés travaillant à un poste exposé aux champs électromagnétiques.
Pour les porteurs d’implants actifs, un avis de compatibilité avec un poste exposant aux champs électromagnétiques sera prononcé. De plus, une attention particulière devra être portée aux salariés suivants :
- femmes enceintes,
- personnes porteuses d’implants passifs métalliques, dès leur prise de poste,
- personnes atteintes de troubles du rythme cardiaque.
Mis en ligne le 04 novembre 2011
