Milieu hyperbare
Attention à la décompression
Les plongeurs mais aussi de nombreux techniciens et soignants intervenant dans des milieux où la pression est élevée (hyperbarie), sont exposés à des risques qui peuvent endommager notamment les oreilles, les sinus et les poumons. La prévention de ces risques repose sur la formation initiale préalable à la prise de poste, le respect des tables de plongées qui indiquent les temps à prendre à chaque palier de décompression et un encadrement réglementaire strict.
Secteurs d’activité concernés
L’exposition aux milieux hyperbares concerne les plongeurs mais aussi un nombre croissant de techniciens et de soignants qui interviennent dans des locaux où la pression a été artificiellement augmentée (caissons hyperbares, têtes de tunnelier, enceintes de confinement des réacteurs nucléaires…). De telles activités exigent l’obtention d’un certificat d’aptitude à l’hyperbarie.
Effets sur la santé d’une pression élevée et risques d’accidents
Un risque classique du travail en hyperbarie est la survenue de barotraumatisme. Ce sont des accidents qui résultent des variations de volumes que subissent les cavités gazeuses de l’organisme en cas de variation de pression. Le volume contenu dans ces cavités augmente lorsque la pression diminue et vice-versa. Sont principalement concernés les poumons, les oreilles, les sinus de la face mais aussi les cavités logées sous les amalgames dentaires.
Les symptômes sont fonction des organes atteints et peuvent aller par exemple pour les oreilles, d’une simple gêne à une perforation du tympan. Les accidents pulmonaires, plus rares, peuvent être extrêmement graves, avec survenue possible d’un état de choc accompagné d’un coma aboutissant à un décès.
Les risques d’accidents biochimiques, bien que classiques, sont souvent ignorés. La toxicité des gaz, notamment l’oxygène et l’azote, varie en fonction de la pression.
Toxicité des gaz en milieu hyperbare
- L’oxygène : l’hypoxie est par exemple un accident observé lors des remontées des plongées en apnée. Elle est due à une baisse de pression et se traduit par une syncope brutale. À l’inverse, une plongée avec oxygène peut entraîner une hyperoxie. Elle aboutit généralement à une crise d’épilepsie précédée de malaises, d’angoisses, de crampes, de troubles digestifs.
- L’azote sous pression provoque des troubles de la vigilance.
- Le gaz carbonique, même en traces, devient dangereux en hyperbarie. Il est responsable de céphalées, de vomissements, de congestions de la face.
- L’hélium, utilisé dès qu’on doit descendre à - 50 m, peut provoquer des tremblements, des secousses musculaires, des vertiges, des nausées, des anomalies de l’électroencéphalogramme (syndrome nerveux des hautes pressions).
Les accidents de décompression sont liés à la dissolution des gaz neutres (azote, hélium) et à la formation de bulles dans les tissus, une dissolution qui est fonction des profondeurs et des temps d’intervention. Les effets sont variables selon les organes atteints. Au niveau de la peau on pourra observer soit des « puces » de démangeaison localisées, soit des « moutons », boursouflures de la peau. Si la bulle se crée à l’intérieur d’une articulation (bent), celle-ci devient douloureuse.
Un traitement par décompression en caisson hyperbare peut être nécessaire.
En cas de répétition, il peut y avoir une atteinte chronique. Elle peut survenir après plusieurs mois ou années d’expositions, parfois courtes, mais en général après plusieurs mois de travail régulier en hyperbarie. Les symptômes se traduisent par une gêne fonctionnelle, une douleur sourde, puis une raideur, une limitation de l’amplitude des mouvements et une atrophie musculaire. L’évolution est imprévisible mais la poursuite du travail en hyperbarie aggrave les symptômes.
Pression et tableau 29 des maladies professionnelles
Il existe plusieurs maladies professionnelles liées au travail dans un milieu où la pression est supérieure à la pression atmosphérique :
- nécrose osseuse de l’épaule, de la hanche ou du genou,
- syndrome vertigineux,
- otite moyenne subaiguë ou chronique,
- hypoacousie par lésion cochléaire irréversible.
En outre, le risque d’incendie grandit lorsque la pression de l’oxygène augmente. Les consignes de sécurité anti-incendie sont donc très strictes en milieu hyperbare sec.
Mesures de prévention en milieu hyperbare
La prévention des risques liés à l’hyperbarie repose sur :
- la formation initiale préalable à la prise de poste,
- le respect des tables de plongées qui indiquent les temps à prendre à chaque palier de décompression,
- un encadrement strict des travaux ou des interventions.
Des dispositions réglementaires spécifiques à la prévention des risques en milieu hyperbare figurent dans le Code du travail (articles R. 4461-1 à R. 4461-69). Elles concernent notamment :
- l’évaluation des risques,
- l’organisation du travail ou des interventions en milieu hyperbare, avec l’établissement de procédures et méthodes d’intervention, de procédures de secours et d’un manuel de sécurité hyperbare,
- le respect de règles techniques relatives notamment aux gaz et mélanges gazeux respiratoires,
- la formation.
Mis en ligne le 16 septembre 2011
