Garages automobiles
Réparer et entretenir les véhicules en sécurité
Travail dans le bruit, les gaz d’échappement et la poussière, manutention des pièces lourdes… La prévention des risques d’accidents et de maladies professionnelles auxquels sont exposés les garagistes impose de prendre en compte l’aménagement des locaux et des postes de travail, l’équipement ainsi que l’organisation du travail.
On compte chaque année, 1 accident sur 20 salariés dans les ateliers de réparation et d’entretien des véhicules automobiles, un chiffre supérieur à la moyenne nationale (1 accident pour 23). Les manutentions manuelles, les accidents de plain-pied, les chutes de hauteur et l’utilisation d’outils à main sont les principales causes d’accident.
Principaux risques dans les garages automobiles
Les employés des garages sont concernés par :
- Les risques liés à l’activité qu’ils doivent réaliser et à l’équipement utilisé : risque d’écrasement au cours des réparations pour le mécanicien, contact avec des peintures toxiques pour les peintres, risque de coupure avec la disqueuse pour le carrossier…
- Les risques liés à l’environnement de travail et à l’aménagement des locaux : chutes et glissades dans des locaux encombrés, chutes d’objets depuis un engin de levage, atmosphère empoussiérée du fait de l’absence de zone dédiée ponçage, efforts physiques répétés pour déplacer les voitures dans des locaux exigus, exposition au bruit et au froid…
- Les risques liés à l’organisation du travail : charge de travail élevée, manque de formation des salariés aux risques rencontrés, manque d’information, risques liés à la coactivité (interférence entre plusieurs activités dans le garage)…
Prévention des risques chimiques dans les garages
Les travailleurs des ateliers de mécanique, carrosserie ou peinture peuvent également être exposés à des substances dangereuses, essentiellement par contact cutané ou par inhalation, lors :
- de la manipulation de carburant (l’essence contient notamment du benzène, substance cancérogène),
- des tests de moteurs (émission de poussières, de gaz nocifs, voire toxiques),
- des opérations de ponçage (émission de poussières),
- des opérations de dégraissage en fontaine à solvant (effet desséchant, voire irritant sur la peau, effet sur le système nerveux, certains solvants sont des cancérogènes suspectés),
- des travaux mécaniques (contact avec de l’huile, ou de la graisse de moteur usagée),
- des activités de carrosserie (certaines peintures et laques contiennent des substances à l’origine de réactions allergiques, comme l’asthme).
Le risque d’incendie et d’explosion n’est pas à négliger du fait de la manipulation de carburants et de solvants.
Prévenir les risques professionnels dans les garages
L’employeur est tenu de réaliser une évaluation des risques auxquels peuvent être exposés les salariés en les associant à cette démarche. Pour être efficace, cette évaluation doit prendre en compte l’ensemble des phases de travail, y compris les interventions de dépannage, les essais routiers, les opérations de nettoyage, de stockage…
En fonction des risques identifiés, des mesures de prévention devront être mises en œuvre. Fondées sur le respect des principes généraux du Code du travail, elles viseront en priorité à éviter les risques (par exemple, éviter les manutentions manuelles en utilisant des aides mécaniques) ou à défaut, à mettre en place des mesures de protection collective (ventilation générale, outils de travail avec aspiration intégrée…)
Une démarche de prévention permet d’agir sur plusieurs dimensions :
- L’organisation du travail : répartition des tâches entre les employés, anticipation des livraisons des pièces de rechange, définition d’une politique d’entretien et de maintenance des machines et outils, procédures de nettoyage des locaux (proscrivant l’utilisation des soufflettes), formation du personnel aux risques rencontrés, accueil des apprentis…
- La conception et l’aménagement des locaux : pose de revêtements de sol non glissants, séparation des zones de stockage et des zones de circulation, pose de garde-corps en hauteur, délimitation des zones de travail polluantes avec ventilation adaptée (cabine de peinture, zone de ponçage…), traitement acoustique de parois…
- L’équipement de travail : choix d’outillage sécurisé et de machines conformes à la réglementation, dans la mesure du possible priorité donnée aux outils non vibrants et peu bruyants, vérifications périodiques (ponts, compresseur, ventilation…), mise à disposition d’aides à la manutention et au levage (chariots, rolls, ventouses, palans, tables élévatrices, pont…), installation de dispositifs d’aspiration localisée des polluants (récupérateur de gaz branché sur les ports d’échappement, ponceuse à bras aspirant…).
Quand des risques résiduels persistent, le port d’équipement de protection individuelle (gants, masque, lunettes, chaussures de sécurité, protections antibruit) est nécessaire. Le respect des mesures d’hygiène individuelle et collective s’impose, par ailleurs : lavage des mains avec des savons professionnels, changement des tenues de travail souillées, nettoyage quotidien des postes de travail…
Mis en ligne le 05 décembre 2011
