Accidents liés au travail isolé
Analyser les accidents déjà survenus
L’enchaînement des faits qui conduit à l’accident du travailleur isolé n’est pas différent d’une situation de travail classique. Mais le manque d’information, l’impossibilité de se faire aider, l’angoisse due à l’isolement ou encore la difficulté de déclencher les secours peuvent en modifier les effets.
Le travailleur isolé accidenté est plutôt un ouvrier (34 %), conducteur de machines (35 %) et en particulier de moyens de transport. Les secteurs d’activité qui comptabilisent le plus d’accidents liés à des situations de travail isolé sont :
- les services aux entreprises et notamment les activités de nettoyage, de maintenance ou de surveillance,
- le transport terrestre,
- l’industrie extractive.
Spécificités de l’accident du travailleur isolé
Les facteurs de risque immédiats en cause dans l’accident sont les mêmes que dans des situations de travail non isolé. On note néanmoins les spécificités suivantes :
- dans un certain nombre d’accidents, la personne accidentée est retrouvée à un endroit où elle n’aurait pas dû être ou aux commandes d’un engin qu’elle n’aurait pas dû conduire. Confrontée à un incident ou un dysfonctionnement, elle a en effet cherché des informations ou recherché des solutions par elle-même. Elle a également pu prendre des initiatives pour se faciliter la tâche, aider ses collègues ou satisfaire une curiosité personnelle.
- L’isolement représente un facteur de risques supplémentaire et un facteur aggravant en cas d’accident parce qu’il n’y avait pas de moyens d’alerte et de secours ou que les secours n’étaient pas opérationnels. Ces dimensions sont à prendre en compte dans les mesures de prévention à mettre en place.
Récits d’accidents liés au travail isolé
Absence de moyens d’alerte
La victime, âgée de 20 ans, circulait à bord d’un quad pour effectuer la surveillance des canons à neige. Pour une raison indéterminée, l’engin s’est retourné et a coincé la victime contre le sol, occasionnant des fractures aux jambes et un éclatement du foie. L’autopsie a révélé que la victime est décédée d’une hypothermie.
Recherche de solution pour résoudre seul un problème immédiat
La victime, ouvrier pâtissier de 44 ans, emprunte l’ascenseur pour transporter des produits. Celui-ci tombe en panne. Pour tenter d’en sortir, l’ouvrier réussit à ouvrir la porte intérieure de la cabine et à coincer les portes extérieures par un manche à balai trouvé dans la cabine. Il essaye de passer par l’ouverture ainsi créée, mais son corps reste bloqué au niveau du thorax, les pieds dans le vide. Il meurt asphyxié.
Initiative d’un travailleur demeuré seul
Le chef d’équipe d’une entreprise, travaillant en sous-traitance pour une papeterie, est chargé d’enlever les cendres sous 3 chaudières. Pour cela, il positionne un chargeur au plus près des tiroirs. Lorsqu’il quitte son poste pour un rendez-vous, il reste un tas de cendres sous l’une des chaudières. La victime est alors occupée à des tâches de nettoyage dans le même local. Elle est retrouvée, plus tard, écrasée sur le siège du chargeur par la structure de la chaudière. On peut supposer que, son travail terminé, la victime a utilisé l’engin pour évacuer les cendres restantes.
Récits tirés de la base Epicéa
Mis en ligne le 19 septembre 2011
